Didon et Enée, opéra d'Henry Purcell

Publié le par F de l'O

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Je pense avoir trouvé mon nouveau rythme pour cet été, et sans doute pour la saison prochaine. Je me concentrerai sur la rédaction de deux articles par semaine, si possible à dates fixes, à savoir le mardi et le vendredi. Je deviendrai peut être l'un de ces programmes télé que l'on attend impatiemment avec ses nouveautés, ses erreurs, mais surtout ses lecteurs.

 

Pour continuer la rétrospective 2010, il me faut vous parler en détail de Didon et Enée. Cet opéra en trois actes, fut composé en 1689 par Purcell, sur la base d'un livret signé de Nahum Tate (qui deviendra poète lauréat - officiel de la reine Marie II Stuart en 1692). L'idée était de transposer l'histoire mythique figurant dans l'Eneide de Virgile pour la faire correspondre aux modes du baroque anglais.

 

La première représentation eut lieu en décembre 1689 à Chelsea, mais il fallut attendre plus de deux siècles pour que l'oeuvre traverse la Manche. La première représentation française ayant eu lieu le 21 mars 1927 sur la Petite Scène de Paris (19e).

 

Au cours de cette oeuvre d'une heure environ, qui se déroule à Carthage à l'époque mythologique, nous assisterons à la naissance de l'amour, à la conspiration, au déchirement et à la mort. Malgré une écriture assez simple, l'intensité dramatique est fournie par quelques airs somptueux, et par la compression de tous ces sentiments en si peu de temps.

 

L'opéra s'ouvre sur l'arrivée d'Enée à Carthage. Didon, reine des lieux, est veuve depuis peu et sa rencontre avec le Troyen la trouble. Elle sent naître un sentiment amoureux, y résiste de peur de trahir son peuple. Grâce à la conviction de sa confidente Belinda, elle finit par céder et accepte les avances d'Enée.

L'acte 2 noue le drame avec l'apparition des sorcières. Emplies de jalousie et de méchanceté, elles recherchent un plan pour faire chuter Didon, et l'arrivée d'Enée est une aubaine pour elles. Leur plan est simple : renvoyer Enée en mer en se faisant passer pour Mercure, et regarder Didon mourir de chagrin.

Alors qu'ils se divertissent en forêt, Didon, Enée et la cour sont surpris par l'orage lancé par les sorcières. Tous se hâtent vers le château, mais Enée, resté en arrière, voit apparaître le messager des dieux, Mercure, qui lui rappelle son devoir initial : aller bâtir une citée en Italie. Cet ordre auquel il ne peut s'opposer déchire alors son coeur.

Alors que les marins s'affairent aux derniers préparatifs, Enée annonce son départ à Didon qui le rejette. Dans un dernier élan, il décide alors de désobéir aux dieux et de rester auprès d'elle, mais il est trop tard. Outrée, c'est Didon qui lui impose de partir avant de se donner la mort une fois le bateau en mer.

 

Le texte de Tate présente certaines différences majeures avec l'Eneide originale de Virgile, par exemple :

  • Belinda est la représentation de Anne, la soeur de Didon
  • Dans l'Eneide, Didon est attachée à son veuvage comme le serment de fidélité qu'elle a fait à son mari défunt
  • Les sorcières n'existent pas dans le texte de Virgile, et c'est Larbas, un prétendant de Didon, qui implore Jupiter de faire partir Enée
  • Dans le texte original, Didon maudit Enée au moment de mourir

 

Publié dans Oeuvres

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