Didon et Enée de Purcell, René Jacobs

Publié le par F de l'O

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Dido & Aeneas

 

Didon : Lynne Dawson, soprano

Belinda : Rosemary Joshua, soprano

Sorcière : Susan Bickley, soprano

Enée : Gerald Finley, baryton

 

Clare College Chapel Choir

Orchestra of the Age of Enlightment

 

René Jacobs

 

Harmonia Mundi, 2001

 

En choisissant de se spécialiser dans les interprétations d'oeuvres du répertoire baroque (la grande majorité de ses gravures), René Jacobs est devenu une sorte de monstre da la discipline. Il faut reconnaître qu'à l'instar d'un Pavarotti dont on reconnaît immédiatement le timbre, la pâte orchestrale d'une interprétation du chef belge se distingue instantanément, et c'est encore le cas ici. La musique sautille d'une légèreté impressionante, et les musiciens sont parfaits du début à la fin. Les tempi sont variés, cohérents et en belle adéquation avec le texte et les évenements, ce qui donne du relief à l'oeuvre globale. Une seule exception : quelle drôle d'idée de jouer "Harm's our delight" quasi largo ! Le choix d'une véritable piste d'effets spéciaux pour l'annonce des sorcières apporte un effet non négligeable.

Le choeur est d'une incroyable précision, dans le rythme, comme dans la diction, et on distingue chaque mot comme s'il était parlé près de soi. Les sorcières sont nasillardes à souhait, Lynne Dawson brosse une Didon fragile comme une jeune fille, ce qui peut sembler en contradiction avec le personnage, mais ne me choque pas particulièrement. Le choix plus discutable, mais qui personnellement me convient parfaitement, est celui de Gerald Finley pour le rôle d'Enée. Sa tessiture de baryton-basse est à l'opposé des autres enregistrements vus ici, et cela donne un côté mystique à son rôle qui est finalement peu exploité en général.

Mon seul regret vient peut être de l'excès d'ornements vocaux ajoutés à la partition. Je sais que l'époque et le style s'y prêtent, mais de là à en découvrir dans chaque morceau, je trouve qu'on frôle l'adaptation. Malgré ce point, qui peut être gênant (la mort de Didon se charge d'un pathos excessif à mon avis), le disque mérite une réelle attention.

Publié dans Discographie

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